Mérimée Prosper

Le voyage en Corse de Mérimée

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Durant son voyage en Corse en 1840, Prosper Mérimée, alors inspecteur des Monuments historiques, fit un inventaire du patrimoine de l'île de Beauté. Lors d'un déplacement à Vico (dans l'actuelle Corse du sud), il cherche une "statue de chevalier".

Il tombe sur la statue d'Appricciani. A l'époque, cette pierre taillée qui date de l'âge de bronze passe auprès des habitants pour être une ancienne idoles des Maures ! Mérimée se doute bien que la statue est très ancienne, mais il ne peut pas la dater exactement. Il en déduit que le bloc de granite représente une divinité ou un héros. Il s'agit en fait d'un monument funéraire. Mérimée a néanmoins le mérite d'être le premier à avoir attiré l'attention sur ces menhirs, notamment par les descriptions très précises qu'il en fait dans son "voyage en Corse" (1840). Malgrés cela, il faut attendre plus de 100 ans pour que de véritables fouilles archéologiques soient effectuées en Corse sur ces sites !

Prosper Mérimée

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Prosper Mérimée, né le 28 septembre 1803 à Paris et mort le 23 septembre 1870 à Cannes, est un écrivain, historien et archéologue français.

Issu d'un milieu bourgeois et artiste, Prosper Mérimée fait des études de droit avant de s'intéresser à la littérature et de publier dès 1825 des textes, en particulier des nouvelles, qui le font connaître et lui vaudront d'être élu à l'Académie française en 1844.

En 1831, il entre dans les bureaux ministériels et devient en 1834 inspecteur général des Monuments historiques. Il effectue alors de nombreux voyages d'inspection à travers la France et confie à l'architecte Eugène Viollet-le-Duc la restauration d'édifices en péril comme la basilique de Vézelay en 1840, la Cathédrale Notre-Dame de Paris en 1843 ou la Cité de Carcassonne, à partir de 1853. Proche de l'impératrice Eugénie, il est fait sénateur en 1853 et anime les salons de la cour, par exemple avec sa fameuse dictée en 1857. Il publie alors moins de textes littéraires, pour se consacrer à des travaux d'historien et d'archéologue et initiant, à partir de 1842, un classement des monuments historiques auquel la Base Mérimée créée en 1978 rend hommage.

L’œuvre littéraire de Prosper Mérimée relève d'« une esthétique du peu » et son écriture se caractérise par la rapidité et l'absence de développements qui créent une narration efficace et un réalisme fonctionnel adaptés au genre de la nouvelle, mais ce style a parfois disqualifié les œuvres de Mérimée auxquelles on a reproché leur manque de relief, ainsi Victor Hugo qui écrit : « Le paysage était plat comme Mérimée ». Si le Théâtre de Clara Gazul n'a pas marqué l'époque, il n'en va pas de même pour ses nouvelles qui jouent sur l'exotisme (la Corse dans Mateo Falcone et Colomba ou l'Andalousie dans Carmen, que popularisera l'opéra de Georges Bizet en 1875), sur le fantastique (Vision de Charles XI, La Vénus d'Ille, Lokis) ou sur la reconstitution historique (L'Enlèvement de la redoute, Tamango). L'Histoire est d'ailleurs au centre de son seul roman : Chronique du règne de Charles IX (1829).

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